Justice – Stress

… ou comment retourner sa veste (en cuir, svp).

Alors qu’hier, sur Fubiz, je criais quasiment au foutage de gueule et l’esthétisme à chier du clip, je me sens aujourd’hui obligé de me dédire. Et de me contredire même. Y’a que les cons qui ne changent pas d’avis.

Le premier choc passé, à se demander si le clip ne s’apparente pas vaguement au snuff et toutes les questions qu’un être censé peut se poser en le regardant, j’avoue : je déteste. Je le trouve violent, inutile et dans un trip « sensas pour le sensas ». Le buzz qui buzz quoi. Le serpent se mord la queue.

Avec le recul, et une quinzaine de visionnages (preuve que le clip me déroute un peu…), j’apprends à apprécier la manière dont la violence est mise en scène. Les jeunes sont là pour faire le spectacle. Les deux mecs qui les accompagnent dans un esprit « c’est arrivé près de chez vous » sont avides de tout ça. Au même titre que les journalistes qui se glissent dans les cités pour filmer les bagnoles qui crament, ils n’attendent que ça : de la casse, du sang, des larmes et du feu. Le gros bordel quoi.

Nous, contre tout le monde, c’est un peu l’esprit. C’est « le ghetto contre le reste » comme me le disait mon ami Thomas. Mais toujours à la manière des journalistes. C’est à dire décuplé, amplifié. ça vole des sacs à main, ça tabasse du flic, ça vole des bagnoles, ça en fait cramer bref : l’imagerie d’Épinal-mode-caillera-ultra-violente.

Au final, le message du clip, à mon sens se résumerait à ça : De qui vient le vice ? De ceux qui le commettent ou de ceux qui le mettent en scène ?

Donc au final, l’esthétique du clip est au service du message. Et la musique sert bien le clip, bien que pour le coup, je me pose de sérieuses questions sur l’orientation de Justice en terme d’image.

Coup de poing dans la gueule et puis s’en va, assurément le clip de 2008, à mon goût. En même temps, Gavras avait déjà tapé fort avec Signatune. On l’attend au tournant.

Crédit : Justice – Stress | Directed by Romain Gavras