ANORAAK : Entretien Exclusif

Bonsoir Anoraak. Très heureux de te rencontrer ce soir au Wanderlust, de voir un artiste Valérie et bien-sûr de voir que tu ne cesses d’avancer. Entamons avec l’actu du moment, tu repars en tournée aux US.

Oui, et c’est une grosse tournée ! D’habitude on va aux US pour quatre ou cinq dates mais là on en fait 24. Et on part en plus avec Collège et Electric Youth.

Il s’agit donc d’une tournée officielle de Drive ?

L’explication est un peu plus complexe. Collège et moi, nous avons tous les deux changé d’agence de Booking pour la zone Mexique + USA + Canada à peu près au même moment. Et c’est chez The Agency qu’ils nous ont proposé de faire une tournée au nom de Drive, nous proposant donc de tourner ensemble. L’agence a réussi à obtenir le droit d’utiliser le nom de Drive et la présence d’Electric Youth.

Pour la tournée Anoraak jouera en Live Band ou feras-tu seul des Djset ?

Cette tournée ce sera du Live. Nous sommes trois sur scène, accompagnés d’un ingénieur du son. Du coup ce que Anoraak propose lors des live c’est bien plus instrumental : il y a un batteur, un bassiste, du synthé et de la guitare. C’est un peu plus Live Music et ça marche plutôt bien chez les anglo-saxons.

Le public est souvent agréablement surpris, alors qu’il s’attendait à voir un DJ derrière ses controllers, il voit un Band bien plus communicatif. Et je trouve ça sympa, ça me permet de bousculer les codes de ma musique et de montrer que l’on peut transcrire de l’électro sous cette forme.

La partie DJ set c’est un peu le bonus du projet. Aujourd’hui je suis à mi chemin entre la musique électro et la musique instrumentale. Je viens d’ailleurs du Rock initialement, puis je me suis en fait fait aspiré devant mon ordinateur par l’électro. J’ai alors eu des demandes de Dj set, chose qui était nouveau pour moi à ce moment là.


College – Teenage Color [Anoraak Remix]

Maintenant je préfère mettre l’accent sur le côté live show, gardant le DJ Set et les mixtapes pour les périodes plus calmes.

On vient de parler de la tournée qui débute aux US, parlons un peu du pays en lui même. Quelle est ta région préférée chez l’Oncle Sam ?

La Californie c’est clairement l’endroit que je préfère. C’est d’abord à cause du mythe que je me suis construit étant enfant. Et aujourd’hui plus j’y vais, plus j’apprécie. Bien sûr Il y a plein d’autres endroits sympa aux US : NYC, Miami … Mais en Californie il y a une douceur de vie et je me verrais bien vivre à Los Angeles.

Justement la dernière fois que tu étais là-bas en tournée c’était notamment aux côtés de Fred Falke. As-tu apprécié le personnage ?

Musicalement difficile de dire du mal de lui. C’est à mon sens un DJ qui joue de la musique. On dirait qu’il n’a aucune limite, aucune barrière, il fait juste les choses qu’il aime.

A force de faire des dates ensemble, sans être devenus de grands amis on s’apprécie. C’est quelqu’un d’adorable, accessible, un toulousain quoi.

Ce soir au Wanderlust la soirée est organisée par Bakélite, c’est à dire Jupiter + Anoraak. Pourquoi cette envie d’organiser des soirées ?

En fait la musique que nous aimons, c’est à dire un mélange entre la Disco très old school, le New Disco … une vision assez large du Disco en fait n’était pas bien représentée. A mon gout il n’y avait pas vraiment de soirée qui me donnait envie de sortir sur Paris. Du coup on s’est dit avec Jupiter pourquoi ne pas représenter cette scène, qui n’est pas si loin de notre musique d’ailleurs.

Le but ce n’est pas de nous mettre en avant, mais comme on a maintenant un peu d’expérience sans être des professionnels de l’organisation évènementielle, nous avons envie de poser une couleur, une teinte musicale qui nous appartienne. L’idée c’est donc Jupiter et Anoraak invitent tel et tel artiste, nous nous jouons au début et à la fin et on laisse les meilleurs horaires aux guests. Il ne s’agit absolument pas pour nous de faire du « regardez comme nous mixons bien ? »

Tu te sentirais d’amener ce projet dans une ville de province ?

Ha oui clairement ! Maintenant je pense que c’est faisable. Il y a trois ou quatre ans cela aurait été difficile, mais aujourd’hui il y a vraiment un public qui s’intéresse à cette musique. Et le but ce n’est pas de s’installer à un endroit.

C’est plus une ligne artistique que vous voulez défendre.

Oui exactement. C’est un peu l’antithèse du Head Banging. Pour nous l’idée c’est d’aller dans une soirée en ayant envie de danser et pourquoi pas découvrir la fille qui danse à côté de toi. Quelque chose d’élégant. A nous ensuite de déplacer le projet, d’exporter ça.

Par exemple Lyon ?

Oui ou même refaire une date à Nantes.

Tu parlais tout à l’heure de cette ligne artistique que tu veux défendre. Et personnellement c’est vraiment une démarche que je salue. On retrouve à mon sens cette authenticité artistique chez les artistes estampillés Valérie.

Oui. Valérie n’a jamais eu la prétention d’être un label d’ailleurs, c’est juste un petit drapeau qui veux dire « nous on a un blog,nous faisons chacun des musiques un peu différentes tout en ayant un fil rouge » et après chacun a son style. Il n’y a jamais eu cette volonté d’imposer Valérie comme quelque chose d’incontournable.

D’ailleurs aujourd’hui en regardant les différents projets qui se montent je retrouve souvent ce côté Valérie. Et c’est cool de se dire que nous avons à notre échelle initiée quelque chose de nouveau.

Une question que nous posons à tous les artistes que nous rencontrons : quelle est pour toi la place du web dans la musique d’aujourd’hui et que t’a-t-il permis?

Et bien moi énormément !

Mon projet s’est fait connaître par My Space. J’ai composé le titre Night Drive With You, et je l’ai ensuite posté sur ma page My Space. Il y a eu quelques écoutes, un nombre assez correct d’ailleurs, et puis un jour j’ai reçu un message d’un membre du staff de My Space USA et me disant « je suis hyper fan de ton son et je le relaye sur ma page ». Ça c’était un Vendredi. Le Lundi matin quand j’ai ouvert ma page, je vois 12500 lectures. A partir de là pas mal de gens se sont intéressés à mon son et je me suis retrouvé premier des charts en France alors que je n’était même pas signé. Donc My Space m’a vraiment permis de faire connaître mon projet.

Et aujourd’hui encore Internet me sert beaucoup. J’utilise pas mal la médiamétrie, les réseaux sociaux …etc

Justement, ta communication c’est toi qui la fais. Et c’est top parce qu’on sens que c’est toi qui est aux manettes.

Tant que je pourrai la faire je la ferai. C’est très important pour moi que ce soi moi qui poste les choses. Comme ça, ça reste à une échelle d’humain à humain, d’un artiste à son public. Ça ne m’ennuie pas du tout de m’en occuper en plus, et puis le petit côté de challenge me plait. Et il faut bien voir deux choses : parfois c’est le public qui vient vers l’artiste mais c’est aussi des fois à l’artiste d’aller vers son public.

C’est super cette démarche ! Ça rend le projet vraiment sincère

Oui merci. Être sincère c’est vraiment important pour moi. Je ne suis pas dans le calcul de me dire « si je fais ça ça va marcher ». Je suis près à prendre le risque d’aller vers ce qu’il me plait. Je ne fais pas de la musique pour un quelconque intérêt financier.

Les liens pour retrouver en ligne Anoraak

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